17.05.2007
Le Député Julien DRAY
Je tiens à remercier toutes les électrices et tous les électeurs de notre 10ème circonscription d’avoir participé si massivement au scrutin du deuxième tour de l’élection présidentielle. Avec 25 305 voix et 51,89%, vous avez placé Ségolène Royal en tête des suffrages.
Nicolas Sarkozy est désormais le président de la République, c’est le choix des Français. Mais déjà, dans cinq semaines, les 10 et 17 juin, auront lieu les élections législatives : il s’agit d’élire nos députés à l’Assemblée Nationale. Ce vote sera lui aussi décisif, pour le pays comme pour nos vies quotidiennes. Plus que jamais -tous les candidats à l’élection présidentielle s’accordaient sur ce point- le parlement doit jouer un rôle majeur dans nos institutions. Il ne doit pas être une simple chambre d’enregistrement des décisions gouvernementales mais au contraire un vrai lieu de délibération collective : c’est lui qui doit contrôler l’action du gouvernement, c’est lui qui doit élaborer et voter les lois de la République.
Nous souhaitons que cette élection constitue le premier acte de la construction d’une nouvelle République et d’un Etat impartial, où les pouvoirs ne sont pas concentrés dans les mêmes mains par un seul parti. Une Assemblée Nationale de gauche permettra de mettre en place ce nécessaire équilibre démocratique pour défendre vos intérêts.
Au parlement, chaque député de gauche ou de progrès sera à la fois un point d’appui de résistance, et un moteur de la rénovation de la gauche et de la démocratie française. Chaque député sera utile ! Pour éviter la purge libérale que l’on annonce déjà, comme pour maintenir un réel dialogue social et écarter des tensions. Chaque député sera utile pour empêcher que la loi du plus fort ne remplace les droits et les devoirs républicains, comme pour œuvrer au rassemblement de toutes les forces de transformation sociale et de renouveau politique.
Rassemblons-nous ! Nous en avons la force. Car déjà, la candidature de Ségolène Royal a soulevé un grand espoir et bel élan.
Il faut poursuivre cette rénovation des pratiques et des discours qui reste fidèle aux idéaux de progrès, de justice et solidarité : elle est la condition du vrai changement pour notre pays.
Il faut continuer dans la voie de la démocratie participative, qui fonde un nouveau dialogue responsable entre les élus et la société et qui recrée de la confiance dans l’action publique. Il faut prolonger ce retour du volontarisme de la gauche, qui refuse la fatalité, qui rejette l’impuissance.
C’est pourquoi dès aujourd’hui, je vous appelle à vous rassembler et à vous mobiliser fortement pour cette élection législative. Ensemble, nous allons préserver et amplifier le travail que nous avons fait dans nos cinq villes de la circonscription.
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15.05.2007
ENTRE OUVERTURE ET TRAHISON... UNE REALITE!!!
Notre nouveau président, à quelques semaines des élections législatives, nous joue un tempo qui a tout à voire avec la stratégie électorale.
En effet, comment les Français peuvent croire que certains socialistes, comme ils se définissent, décident soudainement de soutenir l'ex président de l'UMP, après l'avoir combattu pendant 5 ans. Ceci alors même qu'ils n'apporterons leur soutien qu'en cas de nomination à un Ministère. Si l'Amour de la Patrie n'est motivé que par un portefeuille, la France n'est pas prête de se relever!!! Il s'avère même que certains d'entre eux pensaient Ségolène ROYAL plus compétente pour redresser la FRANCE, il y a encore quelques semaines, quelle ironie...
Depuis 5 ans c'est bien un gouvernement de droite que la gauche a combattu, sur le CPE, sur la réforme des retraites, sur la loi de décentralisation dite loi Raffarin, sur la loi insécurité 2 (qui condamne les maires à n'être que des schérifs) bref que des conceptions qui n'ont rien de solidaire et qui ne rénove en rien le pays.
Les mêmes qui s'opposaient avec la plus grande virulence aux concepteurs de ces lois, sont maintenant prêt à les soutenir pour mettre en oeuvre des réformes du même ordre... Comprend qui pourra!!!
Ségolène ROYAL, elle, propose une démarche claire. Elle l'a prouvé lors du débat avec François BAYROU, qu'elle a voulu devant le plus grand nombre, un rassemblement le plus large sur ses propositions. Et toutes celles et ceux qui veulent la rejoindre le font en toute clarté. Mais il est plus facile de créer un gouvernement d'ouverture sans avoir des propositions concrète à mettre en oeuvre, si ce n'est le bouclier fiscal et défiscaliser les heures supplémentaires, quelques propositions que combattrons les réformistes du centre et de la gauche, car ces conceptions ressemblent à la solidarité des classes pauvres et moyennes, envers les plus riches... A l'inverse de notre philosophie.
Dans ces cas là, participer à ce gouvernement relève d'une sinécure, et pour ces Messieurs qui sont de gauche sous Mitterrand et de droite sous Sarkozy, la soupe gouvernementale a bon goût, mais elle sera trop assaisonnée pour les Français les plus fragiles!!
Dormez braves gens, Sarkozy rassemble les traitres pour mieux s'occuper de vous...
Soyez vigilant et donnez la majorité la plus large à ceux qui sauront vous protéger!!!
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22:10 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.05.2007
La Tête A Gauche N°117 - 14 Mai 2007
Numéro spécial : l’après 6 mai
Les faits sont là et personne ne songe à les contester, Nicolas Sarkozy est président de la République. Mais disons le tout net : la défaite de la gauche n’est pas une déroute. Sauf à considérer que celle de 1995 en était une, ou que l’UMP de Sarkozy qui a fait l’union des droites était un adversaire de pacotille, ce qui n’a rien de sérieux. Pourtant, déjà, quelques uns que l’on a plus entendus depuis dimanche que pendant les 6 mois de campagne contre la droite, ont affirmé que cette élection était « imperdable » ! Voilà qui confirme le caractère totalement erroné de l’analyse qu’ils développaient déjà lors des primaires socialistes : « n’importe qui peut gagner » disaient-ils, car le souvenir du 21 avril et l’anti-Sarkozysme suffiront... C’est très évocateur puisqu’en creux, cela signifie que le projet comptait pour rien, et que les circonstances dispensaient les socialistes de se présenter devant les Français en ayant montré qu’ils étaient dans le réel, qu’ils avaient tiré toutes les leçons de leur passé.
Mais reconnaissons le, ces analyses au Bazooka ne nous étonnent pas. Elles sont émises par ceux qui ont passé la campagne à guetter le moment de l’explosion en plein vol de Ségolène Royal comme une confirmation de leur propre vérité. Elle n’est jamais venue. C’est la gauche qui a perdu, pas simplement Ségolène, et c’est suffisamment douloureux pour les salariés qui en payeront le prix par la brutalité de la purge libérale, pour que quiconque y ajoute l’indécence d’un petit calcul personnel ou clanique.
Car c’est une évidence pour tout le monde : il s’est passé quelque chose chez le peuple de gauche, en particulier pendant les dernières semaines de mobilisation. N’en déplaise à ceux qui voudraient minimiser le phénomène, Ségolène Royal a été portée par une ferveur populaire qui a fait dynamique. Cette ferveur était là à chaque meeting, bourré à craquer ; elle était là à Charlety, trop petit pour accueillir les 80 000 partisans ; elle était là, surtout, le 6 mai au soir. Malgré la défaite. Malgré les crocs en jambes, malgré la machine médiatico-financière de l’UMP, malgré la pression sondagière qui n’a plus rien d’un thermomètre, mais tout d’un thermostat. Cette élection et cette campagne auront ancré pour longtemps de nouvelles consciences à gauche. Certains ont voté pour la première fois pour la gauche en glissant un bulletin Ségolène. D’autres qui n’y croyaient plus ont renoué avec le militantisme dans ce mouvement participatif en voyant qu’à gauche, Ségolène voulait rompre avec la fatalité et l’impuissance. C’est ce que signifiait le beau sourire de remerciements et de détermination de Ségolène Royal, au balcon de Solférino : demain ne se fera pas sans la gauche.
Reste que cette belle dynamique n’a pas suffit. Le temps de l’analyse en profondeur viendra. Mais dès maintenant, il est déjà possible de tirer quelques enseignements esquissés à gros traits.
D’abord, comme souvent dans les défaites, la question de l’unité de la gauche. C’est toujours elle qui a construit les victoires. Elle a manqué dans cette élection présidentielle. Car même si la gauche de la gauche a été marginalisée, l’absence de contrat de gouvernement avec les autres forces que celles du PRG et du MRC a empêché une réelle dynamique unitaire. Dans ces colonnes, nous l’avons réclamé à chaque étape, sans discontinuer, allant même jusqu’à proposer qu’il soit le socle programmatique d’un candidat commun de la gauche désigné par des primaires auxquelles les sympathisants de toute la gauche auraient participé, comme en Italie. Un tel contrat de gouvernement aurait procuré à l’ensemble de la gauche une crédibilité toute autre, en montrant qu’une majorité parlementaire était possible et que la gauche avait surmonté ses divisions issues du référendum. Mais le travail décisif qu’ont mené ensemble Ségolène Royal et Jean-Pierre Chevènement sur ce point nous aura fait gagner un temps précieux pour l’avenir.
Ensuite, il faut bien regarder sans faux-semblants l’effet qu’auront produit les primaires socialistes. Elles ont sans doute été trop longues et trop tardives. Le temps nécessaire pour panser les plaies a manqué. D’autre part, la nature de certains « arguments » utilisés, comme ceux de « l’inexpérience », du « manque de stature », de « l’incompétence » a surtout permis à la droite, en pilonnant Ségolène sur ses prétendues « bourdes », de creuser un sillon déjà bien travaillé en interne. Les socialistes se sont fait bien trop mal entre eux : songeons à cette vidéo pirate sur Ségolène et le temps de travail des profs... Les primaires ont aussi installé un doute permanent chez nombre d’hiérarques socialistes qui vécurent chaque épreuve de la campagne comme un risque majeur pour Ségolène, chaque étape comme un quitte ou double tellement fragilisant.
Cette sorte de vraie fausse psychose de la chute de Ségolène tant annoncée pendant les primaires sans que jamais elle ne vienne aura pesé fortement sur l’implication des socialistes dans la bataille. Non pas qu’ils n’aient pas milité, il ne s’agit pas de cela bien sûr. Mais qui parlait d’ordre juste -on a même entendu que c’était « juste l’ordre »- et de valeur travail hormis Ségolène et ses soutiens de la phase précédente ? L’unification des mots d’ordre et l’homogénéisation des discours ont manqué pour gagner et crédibiliser la volonté de tous les socialistes de rénover la gauche. Plus amère encore est la défaite, lorsque l’on constate que ce sont justement ces thèmes là, ceux qu’avait portés Ségolène pendant la désignation, qui ont fait l’élection. C’est un fait, la rénovation prend du temps. On ne peut pas faire en 6 mois et 1971, et mai 1981.
Et puis il faut quand même dire un mot des nombreux coups de poignards et trahisons, qui ont jalonné la campagne. Un secrétaire national à l’économie du PS qui finit en guest star des meetings de Sarkozy, c’est un degré jamais atteint de félonnerie. Un ancien ministre socialiste qui sort du QG de Sarkozy à deux jours du deuxième tour, c’est presque incroyable. Un autre ancien ministre socialiste qui embrasse le candidat de l’UMP devant sa mairie, comme un frère c’est un appel au vote à droite. Deux autres anciens ministres qui appellent à un accord avec Bayrou 4 jours avant le premier tour, brouillant ainsi clairement le sens du vote utile, c’est clairement risquer un nouveau 21 avril. Et c’est sans compter tous ces enfants gâtés des années de pouvoir, qui ont alimenté la presse de petites phrases venimeuses qui faisaient le sel de leurs dîners en ville. N’insistons pas plus sur l’ensemble du banc de touche de la gauche caviar, les Tapie, Séguéla et Hanin, qui n’a pas « monnayé » ses efforts, si l’on me permet le mauvais jeu de mots, et que personne n’a jamais osé remettre à leur place alors qu’ils se sont toujours plus servi de Mitterrand qu’ils ne l’ont servi lui.
Finalement, cette ambiance délétère nourrie de coups tordus aura au moins eu son utilité : en leur faisant front tête haute, sans sourciller, Ségolène Royal a démontré à la France entière son immense force de caractère. Peu d’entre nous auraient supporté ce qu’elle a supporté, dignement.
Mais c’est d’abord et avant toutes ces considérations précitées le projet socialiste qui doit nous interroger. Dans cette société française déboussolée, enfoncée dans le chômage de masse depuis 25 ans, fragilisée par la précarité, travaillée par les peurs, l’inquiétude, hantée par l’angoisse du déclassement social, il fallait rassurer tout en faisant preuve de volontarisme. La force est allée à celui qui donnait le sentiment d’être le plus fort pendant que le projet de la gauche est apparu bien trop imprécis et pas assez concret. Malgré les axes forts de rénovation que contenait le pacte présidentiel, sur l’autorité, sur la valeur travail ou la réforme de l’Etat, il est assez évident que les clarifications nécessaires à la crédibilité de la gauche ont clairement manqué.
C’est le cas en particulier sur des sujets aussi déterminants que les retraites ou que la rupture avec l’assistanat et la modernisation du modèle social, qui auraient pourtant permis à la gauche de montrer qu’elle en avait terminé avec l’accompagnement social du libéralisme qui faisait d’elle une sorte de soigneuse de touche du capitalisme. On pourrait multiplier les exemples révélateurs de carences de la gauche : absence de projet de grande réforme fiscale capable de redonner corps à une nouvelle alliance entre les classes moyennes et les classes populaires, absence d’incarnation radicale de l’antisystème au moyen de mesures -mises en avant par Bayrou- comme l’interdiction pour une entreprise qui vit de commandes publiques de prendre des participations dans des groupes médiatiques. Reconnaissons que depuis 2002, au Parti Socialiste, les compromis et les évitements ont dominé. Aussi, les fondamentaux décisifs que la candidate a mis en avant n’ont pas été suffisamment intégrés par la gauche parce qu’ils sont apparus trop tardivement et qu’ils n’ont pas été portés avec vigueur par tous.
Et maintenant ? Il faut d’abord ne surtout pas tirer un trait sur les élections législatives. Il peut encore se passer quelque chose. On n’a jamais vu quelqu’un rassembler des suffrages en clamant bien haut qu’il n’a aucune chance de gagner ! Cette nécessité de repartir au combat avec détermination est renforcée par le fait que le Président de la République détiendrait tous les pouvoirs entre ses mains si l’UMP remportait ces élections. La façon qu’il a eu de prendre « retraite » sur le yacht de Bolloré donne une petite indication sur l’arrogance du camp social qu’il va servir : il n’aura aucune hésitation à glorifier l’argent. Il a besoin d’une victoire pleine et entière sur les forces du travail pour aller au bout de son projet, exactement comme l’ont fait Thatcher contre les mineurs et Reagan contre les contrôleurs aériens. Dès lors, une majorité de gauche à l’Assemblée Nationale serait plus qu’un contrepoids démocratique : elle protégerait les valeurs et l’esprit de la République de l’adaptation brutale du pays aux normes du capitalisme sans règles à l’Anglo-Saxonne.
Après cette campagne, le Parti Socialiste devra profondément changer. Il faudra arrêter de parler d’un grand parti qui dépasse les contours actuels du PS en y intégrant des écologistes, des radicaux, des communistes et des républicains qui le souhaitent mais le faire enfin. Cet instrument politique élargi et rénové devra être adossé à un nouveau projet de société à vocation majoritaire qui portera un socialisme du réel, un socialisme du XXIème siècle et pas du 19ème. L’erreur serait de mener ce processus de rénovation en ayant en tête des stratégies de combinaisons d’appareil et le prenant par la petite lorgnette des alliances électorales. De toute façon, le paysage politique est bouleversé et tout le monde voit bien que la stratégie d’Epinay est à bout de souffle. Les lecteurs de la tête à gauche ont un peu d’avance sur le sujet : dès 2002, nous avons milité en faveur d’un rassemblement arc en ciel, qui prend en compte la claire bipolarisation du champ politique entre d’une part une coalition progressiste et d’autre part un bloc conservateur. Tous ceux qui ne veulent pas abandonner la République peuvent se retrouver dans le premier : la gauche politique -y compris l’extrême gauche, qui devra bien un jour cesser de camper sur son Aventin-, des forces associatives et syndicales du mouvement social, et il faudra en outre être capable de nous élargir à tous ceux qui sont en mouvement et en rupture avec la droite. La ligne, c’est celle, encore et toujours, du contrat de gouvernement.
Et puis, évidemment, cela saute aux yeux de tous les observateurs, le rôle que tiendra Ségolène Royal dans ce processus de renouveau et de reconquête sera déterminant. Elle a désormais une grande responsabilité : celle d’en être à l’avant-garde.
Eric BENZEKRI
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08.05.2007
TEMOIGNAGE REPUBLICAIN
« A tous les Français, je dis qu’ils ont tous, riches ou pauvres, forts ou faibles, droit au même respect, au même amour, à la même compréhension, et que ce respect, cet amour, cette compréhension ce sont les valeurs, les sentiments qui fondent mon idée de la France. »
C’est ce que Nicolas Sarkozy disait hier soir à son meeting au Palais des Congrès de Dijon. Pendant que le premier candidat aux élections présidentielles proclamait son discours sur les valeurs humaines de fraternité, tolérance, et d’universalité, des gens se faisaient tabasser. Leur seule faute était de se trouver là au mauvais moment.
Avec quelques copains, je suis allée hier soir au Palais des Congrès, « pour voir ». Il y avait une trentaine de jeunes, comme nous, à être venu observer ce qui se passait, voir que nous étions effectivement en désaccord avec les propos de Monsieur Sarkozy. Après quelques minutes passées à l’extérieur, nous nous sommes décidés mes amis et moi, à entrer, par curiosité. Nous ne criions pas, nous ne remuions pas les foules, on aurait pu nous prendre pour de vrais sarkozistes !! Nous n’étions pas à l’intérieur depuis un quart d’heure, que déjà on apercevait un jeune homme se faisant traîner sur le sol par les quatre membres parce qu’il avait hué M. De Robien, ministre. Un de mes amis s’est précipité sur lui pour le soutenir, le relever. Il s’est finalement retrouvé par terre à côté de lui, entouré de 5 ou 6 costaux, chargés de la « sécurité »… Ils les violentaient, ils leur donnaient des coups de pieds, les traînaient au sol… Nous ne pouvions pas laisser faire ça !! En voulant s’interposer entre ces vigiles et nos amis, nous nous sommes retrouvés tirés vers l’extérieur, on nous tordait les poignets pour qu’on se laisse faire, on nous attrapait par le cou pour que l’on ne crie pas… je n’ai vu qu’un seul homme avec un comportement humain parmi ces machines à allures d’hommes. Nous étions 6, ils étaient une dizaine.
Une fois à l’extérieur, nous avions retrouvé notre calme, pas un seul d’entre nous ne criait, pas un seul n’avait un comportement violent, pas un seul d’entre nous ne buvait ou ne fumait. Nous étions une trentaine. Nous avons alors vu arriver dix CRS, en plus des huit camions qu’il y avait de chaque côtés de la rue. Nous avons décidé de tous nous asseoir par terre, signe pacifiste et non violent par excellence ! Les CRS se sont mis en ligne devant nous, nous poussant, nous tirant par les bras, nous donnant des coups de matraque et nous encerclant. A ce moment là, nous étions 22. Ils étaient 27. Ils refusaient de parler, disaient que c’est interdit d’être là (c’est pourtant bien un lieu public, je me suis renseignée), qu’on avait pas le droit de nous asseoir à cet endroit. « La Bourgogne, c’est un vieux pays où l’on ne se bat que lorsque c’est nécessaire, que lorsque l’essentiel est en jeu. » continuait Monsieur Sarkozy. Je ne dois pas avoir la même notion de « l’essentiel » que ces hommes en armes, battant des hommes et des femmes faisant la moitié de leur poids, tous pacifistes, dont la seule faute était d’être là, de ne pas partager les idées de Monsieur Sarkozy.
« L’ouverture dont je veux être le candidat c’est l’ouverture d’esprit. L’ouverture d’esprit c’est être capable de prendre en considération les raisons de l’autre, c’est être capable de penser que l’autre pourrait avoir raison, c’est être capable d’échanger avec l’autre et de le respecter même quand on pense qu’il a tort. »
Nous n’avons pas eu le temps de nous exprimer, que déjà, nous étions encerclés. Nous ne pouvions même pas être là en signe de désaccord, que déjà on nous cachait. La liberté d’expression serait-elle bafouée ?!
« Pourquoi tant de haine ? Parce que je veux que la police fasse son métier ? Qu’elle arrête les délinquants et les fraudeurs ? Qu’elle poursuive les voyous ? Parce que je dis que la victime vaut plus à mes yeux que le délinquant ? »
Nous ne sommes ni des délinquants ni des fraudeurs, ni des casseurs, mais nous sommes bien, nous, les victimes de ce système qui nous attend, de cette société policière à quoi il nous prépare.
« Je veux leur dire que si j’ai voulu mettre la morale au cœur du débat politique, je veux aussi la mettre dans le comportement politique. »
Si elles ressemblent à ce que j’ai vécu, la morale, la démocratie que M. Sarkozy nous propose, je vous avouerai que j’ai très peur…
Dijon, le 24 avril 2007
13:25 Publié dans Infos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Présidentielle : les résultats du second tour en Essonne
12:57 Publié dans Infos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Discours de Ségolène Royal au soir du second tour
12:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


