19.04.2007

Point presse DSK

Dominique Strauss-Kahn : "On n'hésite pas : quand on est à gauche, on vote à gauche."
À quatre jours du premier tour de l’élection présidentielle, Dominique Strauss-Kahn animait le point presse de campagne. Il revient sur ce qui fera le résultat du 22 avril, il faut, selon lui, "revenir au fondamentaux. Quand on est de gauche, on vote à gauche." La campagne trompeuse de François Bayrou et les propos “scandaleux” de Nicolas Sarkozy sur l’Allemagne ont également été abordés par l’ancien ministre.
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07.04.2007

Service public de la Petite Enfance

Repères

• La garde des enfants : un problème massif

6 familles sur 10 connaissent des difficultés quant à la garde de leurs jeunes enfants

80 % des enfants de moins de 3 ans ne trouvent pas de place en crèche

Les frais de garde pour un enfant sont en moyenne de 300 euros par mois

CE QUE NOUS PROPOSONS 

• Des structures d’accueil dans les maternelles

Accessibles à partir de 2 ans

Avec encadrement pédagogique, médical et culturel adapté

• Dimension financière

Ce nouveau service public serait destinataire de 8 % du budget du ministère de l’éducation et de la recherche

 CE QUE PROPOSE LA DROITE

• L’UDF : rien, sinon l’outrance

Notre dispositif serait "irréaliste" et "outrancier"

Mais aucune proposition concrète sinon "quelques pistes" selon le propres termes du projet législatif de l’UDF

• L’UMP : repousser le problème à 2012

Mettre en place un droit opposable à la garde d’enfants (obligation d’accueil sous peine de possible condamnation des pouvoirs publics par la justice)

Le droit serait opposable en 2012. En attendant…

TVA Sociale: un impôt ANTISOCIAL

À l’occasion de la parution de son livre « Ensemble », Nicolas Sarkozy propose d’expérimenter la « TVA sociale ».

Son projet fiscal est désormais complet et connu : il compile les idées les plus injustes et les plus improductives. La « TVA sociale » n’a de social que le nom. En réalité, elle serait :
•    socialement injuste, car elle ferait payer aux consommateurs l’allègement des cotisations accordé aux entreprises au moyen d’une contribution proportionnelle ;
•    économiquement dangereuse, car elle réduirait le pouvoir d’achat des ménages, freinant dès lors la consommation, moteur essentiel de la croissance en France.

Nicolas Sarkozy propose donc aux consommateurs de payer les impôts de leurs employeurs au prétexte de la préservation de leur propre emploi : voici une bien curieuse conception de la réhabilitation du travail !

Cette proposition est d’autant plus provocante qu’elle suit celle de l’abaissement du seuil du bouclier fiscal à 50% - ce qui équivaudrait quasiment à supprimer l’ISF.

Le Parti socialiste rappelle donc son opposition à cette proposition, révélatrice du modèle de société socialement injuste et économiquement dangereux de Nicolas Sarkozy.

Projet fiscal de l’UMP : injuste, tout simplement

Les annonces fiscales formulées aujourd’hui par Xavier Bertrand attestent du caractère profondément injuste et inégalitaire du projet du candidat UMP, quels que soient ses efforts pour le dissimuler.

Nicolas Sarkozy a laissé le soin à son porte-parole de réintroduire ses propositions les plus brutales, celles-la même qu’il avait du  « gommer » de son projet.

Xavier Bertrand a donc :
•    confirmé la possibilité de déduire de l’ISF les investissements dans les PME (à concurrence de 50.000 euros) et l’abaissement à 50 % du bouclier fiscal, dont l’effet principal est de supprimer l’impôt sur les très grandes fortunes, tout en le maintenant pour les propriétaires plus modestes ;
•    réaffirmé la mise en place d’une TVA sociale dès 2008, dont l’effet principal sera de faire payer aux consommateurs l’allègement des cotisations accordé aux entreprises, au détriment du pouvoir d’achat et de la croissance;
•    proposé de réduire de 5 points l’impôt sur les sociétés, dont l’effet principal sera de priver l’État de 7,5 milliards d’euros.

Cette dernière proposition est :
medium_3884971136.jpg•    inutile : les profits des entreprises n’ont jamais été aussi élevés que cette année, à tel point qu’ils sont générateurs d’une rentrée d’impôt sur les sociétés en 2006 aussi forte qu’imprévue;
•    choquante : face à la faiblesse du pouvoir d’achat des Français(e)s, l’urgence commande d’agir d’abord en direction des salaires;
•    contreproductive : l’harmonisation sociale et fiscale ne pourra être réalisée qu’au travers d’une démarche commune, et non des baisses unilatérales.

Quels que soient les va-et-vient de l’UMP, les gagnants et les perdants ne changent pas. L’UMP laisse entrevoir un projet fiscal en tous points comparable à son bilan : des baisses d’impôts pour les ménages les plus fortunés et certaines entreprises florissantes compensées par une hausse des taxes et cotisations, c’est-à-dire des impôts les plus injustes, et qui sont payés par tous les Français(e)s.

Le Parti socialiste rappelle donc son opposition à ces propositions, révélatrices du modèle de société socialement injuste et économiquement dangereux de Nicolas Sarkozy.

Ségolène Royal remet la France sur le bon chemin

Appel de 27 économistes en faveur de Ségolène Royal

medium_segolene-rose.jpgNous sommes des économistes aux parcours divers et aux opinions variées travaillant dans des universités et des centres de recherche français ou étrangers. Nous sommes convaincus que pour redresser l’économie française et répondre aux défis du plein-emploi et de la préservation de l’environnement, plusieurs réformes fondamentales sont nécessaires.

Les politiques publiques doivent soutenir l’innovation, l’investissement, non la rente. Ces politiques doivent prendre pleinement en compte les objectifs du développement durable. Il faut attaquer l’échec scolaire à la racine, réformer les universités et offrir une formation professionnelle tout au long de la vie, car le capital humain est le déterminant fondamental de notre croissance. Pour réduire le déficit et redonner des marges de manoeuvre à la puissance publique, l’Etat doit devenir plus efficace, fixer des missions aux services publics et les évaluer.

Les entreprises françaises doivent gagner en souplesse pour être compétitives, mais cette souplesse ne peut s’obtenir au prix de la précarité des individus. La négociation sociale doit jouer pleinement son rôle pour favoriser l’emploi et la progression du pouvoir d’achat des salaires. La fiscalité doit être simple, peser moins lourdement sur le travail et conduire à économiser les ressources naturelles. Les freins à l’activité économique des femmes doivent être levés.

Nous ne partageons pas nécessairement toutes les idées du pacte présidentiel de Ségolène Royal, mais nous soutenons sa candidature à la présidence de la République parce que son approche est la seule qui prenne en compte ces différents aspects.

Ségolène Royal veut investir massivement dans la recherche et l’éducation. Elle propose de limiter le nombre d’élèves par classe et d’augmenter les moyens des établissements dans les ZEP. Elle propose d’accroître l’autonomie et les moyens des universités, en contrepartie d’une exigence accrue pour le placement des étudiants et la qualité des recherches. Elle souhaite réformer l’Etat en mobilisant les fonctionnaires, et non en leur jetant l’opprobre. Elle veut mettre la négociation entre partenaires sociaux au coeur du système économique et diminuer d’autant les interventions législatives. Elle propose de créer un service public de l’emploi, qui sache accompagner, former et, quand il le faut, sanctionner les abus. Ces réformes permettront de concilier la souplesse des entreprises et la sécurité aux individus. Elle s’est engagée de longue date en faveur du développement durable, et ses convictions lui donnent dans ce domaine une crédibilité unique parmi les principaux candidats. Elle propose la création d’un service public de la garde d’enfants pour améliorer la situation des femmes sur le marché du travail. Elle choisit de stabiliser les prélèvements obligatoires et de réduire progressivement la dette publique pour financer ces réformes structurelles, au lieu de promettre des baisses immédiates.

Nous, signataires de cet appel, sommes convaincus que Ségolène Royal est la mieux placée pour remettre sereinement la France sur le chemin d’une nouvelle croissance, durable et partagée.

Les signataires de cet appel sont : PHILIPPE AGHION, professeur à Harvard ; JEAN-PIERRE ALLEGRET, professeur à l’université Lyon-II ; PHILIPPE ASKENAZY, chercheur au CNRS ; FRANÇOIS BÉLORGEY, chercheur à l’Ires ; ANDRÉ CARTAPANIS, professeur, doyen honoraire, Aix-Marseille ; GILBERT CETTE, professeur à l’université de la Méditerranée ; DANIEL COHEN, professeur à l’Ecole normale supérieure ; CHRISTINE ERHEL, maître de conférences à Paris-I ; MARC FLEURBAEY, directeur de recherche au CNRS ; JACQUES FREYSSINET, professeur émérite, Paris ; ANDRÉ GAURON, ancien conseiller de Pierre Bérégovoy ; BERNARD GAZIER, professeur à l’université Paris-I ; JEAN-FRANÇOIS GOUX, professeur, doyen honoraire, Lyon-II ; NATHALIE GREENAN, chercheuse au CNRS ; JÉRÔME LALLEMENT, professeur à l’université Paris-V ; PHILIPPE LANGEVIN, maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille ; CHRISTOPHE LAVIALLE, maître de conférences, Orléans ; EL MOUHOUB MOUHOUD, professeur à l’université Paris-Dauphine ; ROBERT LION, ancien directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations ; PIERRE-ALAIN MUET, ancien président de l’Association française de science économique ; THOMAS PIKETTY, professeur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales ; THOMAS PHILIPPON, professeur à New York University ; MICHEL RAINELLI, professeur, Nice Sophia-Antipolis ; PIERRE RALLE, professeur associé, Paris-Dauphine ; ALAIN SAND, professeur, ENS Lyon ; PATRICK VILLIEU, professeur à l’université d’Orléans ; HÉLÈNE ZAJDELA, professeur à l’université Paris-Nord